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Verone MANKOU
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La Polémique Google
Nous n’attendons que ça. Chaque jour. Tous rivés sur nos écrans dans l’espoir de fournir à nos éditeurs de contenus des taux de clics absolument gargantuesques. Dès qu’il s’agit de Google, le moindre signe de faiblesse nous fait frissonner, le moindre pourcent à la baisse nous fait trembler et le plus petit changement nous contraint à nous remettre en question! Nous sommes fascinés et obstinés. Dépendants et accros, nous pensons, pour le plus grand bonheur des éditeurs, que tout est propice à annoncer la chute du moteur Google !
« Google est-il au bord du déclin ?, Google perd ses taux de clics, Google connait une récession, C’est la fin des liens sponsorisés ! ». Autant de titres qui ont fait la une des journaux spécialisés ces dernières semaines.
Oui, l’institut Comscore a annoncé fin février une baisse des taux de clics sur les liens sponsorisés Google. Pour la première fois depuis la création des liens sponsorisés, le format publicitaire a enregistré une baisse de 7% de clics en janvier 2008 aux USA, et environ 10% sur le 1er trimestre 2008. Résultats, les investisseurs actionnaires de Google se sont affolés et l’action du leader américain a perdu près de 40% en deux mois.
Mais soyons sérieux, croyez vous vraiment qu’un tel phénomène soit une surprise et qu’il annonce la fin des liens sponsorisés, format représentant aujourd’hui 50% des investissements publicitaires online ? Selon moi, la baisse du taux de clic des liens sponsos est d’abord due à un ciblage moins pointu. Des budgets liens sponsorisés de plus en plus conséquents et des mots clés toujours plus concurrentiels amènent les annonceurs à s’éloigner de leur univers de marque afin de se positionner sur des requêtes diverses. Les annonces en ressortent donc moins ciblées. Tapez « sac de luxe » sur Google, vous y verrez aussi des annonces sur les montres, sur les vêtements de créateurs, des annonces de comparateurs de prix non ciblées, des annonces sur le recyclage des sacs, sur les produits bio… L’internaute n’est pas dupe ! Après avoir perdu du temps maintes fois à cliquer sur des liens qui ne correspondaient pas à ce qu’il cherchait, il privilégiera les annonces organiques.
Sans compter que, de plus en plus d’internautes se mettent à filtrer la publicité en ligne grâce, entre autres, à Firefox et ses modules complémentaires. N’importe qui peut donc désormais filtrer les liens sponsorisés et ce type de fonctionnalité est à priori de plus en plus utilisé.
Des freins, il y en a. Mais soyons clairs, la crise économique et financière, Google ne connait pas. Et quand bien même le leader de la recherche en ligne y serait en plein cœur, il s’agirait d’une des seules entreprises annonçant des résultats positifs…
Preuve en est, Google vient d’annoncer un chiffre d'affaires de 3,7 milliards de dollars en progression de 46 % sur un an et un bénéfice net de 1,31 milliard de dollars (+30%) sur le 1er trimestre 2008. « Google dépasse les attentes, Les résultats de Google meilleurs que prévu, L’action google s’envole, Google un rescapé de la crise américaine... » Le discours des médias change du tout au tout en l’espace de deux jours. Même le quotidien Libération s’est retrouvé à rédiger un article sur la récession de Google qui n’était plus d’actualité !
Arrêtez de croire que Google peut s’écrouler ! Le jour tant attendu de sa chute n’est pas prêt d’arriver. D’abord parce que même s’il perdait quelques parts de marché de la recherche online, cela resterait insignifiant ; ensuite parce que Google est largement mondialisé et réalise désormais plus de 50% de son chiffre d’affaires à l’international. De quoi repartir les risques ! Sa prochaine ambition : développer de façon conséquente sa présence sur le marché chinois, ce qui jusqu’à présent a été plutôt difficile.
Par ailleurs, Google met ses derniers temps, un point d’honneur à diversifier ses ressources publicitaires en ligne (à la fois ses supports et ses modèles e-publicitaires). L’entreprise développe une offre display en jouant sur son réseau de site éditeurs existant. Elle diversifie ses modèles économiques et se positionne sur des offres e-pub au CPM (Cout pour Mille affichages) et au CPA (Cout par Action) en plus du CPC. Google s’attaque aux marchés les plus porteurs : la monétisation des vidéos, la création de gadgets Ads, l’exploitation des flux rss…
Elle développe des partenariats d’envergure avec les plus grandes régies (la rumeur du moment ? L’exploitation des espaces d’auto-promo de Lagardère... ;-)) et affine drastiquement son réseau de sites affiliés (sans compter les nouvelles fonctionnalités d’exclusion de sites).
Enfin, Google mise sur une forte stratégie d’acquisition : Le rachat de Doubleclick va lui permettre de monétiser ses services de façon complémentaire. Son pied dans les réseaux sociaux va lui permettre de diversifier ses supports : Youtube, Orkut, Google Maps, Google image… Google est amené à proposer de nouveaux contextes publicitaires, sur des supports à forts potentiels qui ne demandent qu’à être exploités.
Oh non… Google n’est pas prêt de s’écrouler, et même si, dans deux mois, les médias se remettent à envisager le pire, ne revendez pas vos actions tout de suite :-)
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