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Verone MANKOU
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La publicité sur Internet, jusqu'où ira-t-on dans la démence 2.0 ?
Une fois n'est pas coutume, commençons par la fin : Une toute récente étude publiée par l'excellent eMarketer relativise la part des dépenses publicitaires accordées aux réseaux sociaux qui pourtant polarisaient jusqu'à aujourd'hui l'intérêt de la plupart des commentateurs. Les prévisions d'investissement pour 2008 sont décevantes. En effet, eMarketer prophétise une baisse de 1,8 milliards de dollars à 1,4 pour 2008. Le taux de croissance du secteur reste l'élément qui a le plus attiré mon attention ainsi que celle de tous les intéressés : Nous passons de 163% de croissance pour 2007 à 55% pour les prévisions de l'année en cours. Il faut à tout prix que nous comprenions les vérités révélées par ces chiffres sur les perspectives de la publicité interactive et donc de la survie des créateurs de contenus sans nous apitoyer, sans être aveuglés ni généraliser les conclusions.
Mais dis moi Papa, a quoi ça sert la publicité ?
Reprenons maintenant depuis le début. Les Webmasters sont des créateurs de contenus. Leur métier est de produire ou de centraliser pour un public de plus en plus nombreux des objets ou services interactifs afin de séduire le maximum de personnes qui appartiennent à une population ciblée. Pour garantir une certaine forme de gratuité, le Webmaster devra vendre son espace à celui qui veut aussi s'adresser à cette population : c'est ce qu'on appelle en bon français le e-marketing.
Au commencement, les efforts se sont focalisés pour une grande partie dans l'édition de contenus d'information ou de divertissement. Nous étions dans un environnement de communication unilatérale traditionnel : Un expéditeur introduit dans un tube un message pour des destinataires qualifiés. Dans ce modèle certains sites se sont distingués et ont vu leurs revenus publicitaires s'accroître d'année en année. Des régies se sont mises en place. Les Webmasters se sont structurés pour offrir la meilleure des audiences aux annonceurs. Cependant, le marché restait extrêmement fragmenté, c'est en additionnant une multitude de micro-populations que l'annonceur aboutissait à un plan média cohérent et pouvait envisager un retour sur son investissement.
Et le Web "2.0" dans tout ça ?
C'est un changement radical pour les marques, car au-delà de la révolution technologique, c'est un véritable bouleversement du paradigme publicitaire sur Internet qui s'est opéré. Nous avons assisté à la naissance de sites Internet aux statistiques de fréquentation qui font frémir leurs grands cousins du Web dit "1.0". Les nombres d'inscrits atteignent parfois plusieurs dizaine de millions de personnes (plus de 50 millions pour Facebook, 120 millions pour MySpace) sans parler du nombre de pages vues, de visites uniques etc. Cela facilite grandement le travail des agences et régies publicitaires qui accompagnent les marques dans leur stratégie de communication sur la toile. Pourquoi s'épuiser à multiplier les actions sur des milliers de sites qui s'adressent à une cible restreinte alors que de véritables chaînes sont en train d'émerger et centraliser la grande majorité de la population des internautes. Voici le raisonnement d'un homme préhistorique qui vivait à l'âge de l’iphone sans 3G... C’est-à-dire 2007.
La réalité semble être bien plus complexe. Toutes les parties prenantes de la publicité interactive doivent se pencher sur ces questions. Une création publicitaire possède 2 leviers pour espérer un succès de la campagne, la création et la diffusion. Nous faisons évidemment confiance au talent des créatifs pour trouver dans l'actualité et l'air du temps les idées qui séduiront les consommateurs. Seulement, en ce qui concerne la diffusion il va falloir aussi être créatifs, penser à des contenus toujours plus riches, imaginer des campagnes qui mêlent à la fois les sites traditionnels, les réseaux, les influenceurs et relayeurs d'informations. Imaginer des campagnes qui viendront atteindre le consommateur la où il est en n'oubliant jamais que toucher la bonne personne peut permettre grâce aux dernières mécaniques de buzz d'engendrer de véritable tremplin de viralité. Bref tout est encore à approfondir, à repenser, à inventer...
Je suis tout à fait optimiste quant à notre capacité à surmonter ce défi. Nous avons cette énergie car nous sommes des passionnés, il y a dans ce monde quelque chose qui nous fascine et nous pousse à réfléchir toujours plus intensément. Les solutions nous allons les trouver, sans aucun doute. Tout le monde s'accorde sur une chose, le média Internet et si riche et prometteur, nous nous devons de lui offrir les outils qui lui permettront de se développer et proposer alors aux consommateurs des services à la hauteur de son potentiel.
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