Le Nigérien et son Allocutaire

Capitaine Nigérien avait scammé moulte compagnie
Entre autre un Allocutaire des plus intéressé
Celui-ci ne voyait pas plus loin que le bout de son nez :
L’autre était passé expert en fait de tromperie.
Une valise de billet les réunit pour une affaire promise
Là chacun des compères correspondèrent.
Après qu’abondement tous deux convenurent du prix,
Nigérien dit à son destinataire ; Que ferons-l’ami ?
Ce n’est pas tout de s’entendre sur le prix, mais il faut trouver un accord.
Envoie un western union pour payer mes frais
Je remettrai la somme à mon banquier
Puis, la valise possédant
Par transporteur je te l’enverrai
Après quoi, je t’en rétrocéderai un pourcentage.
- Par ma barbe, dit le spammé, il est bon et je te loue
Les gens si généreux que toi
Je n’aurais jamais, quant à moi
Trouvé cette astuce je te l’avoue.
Le Nigérien encaisse l’argent, laisse son compagnon
Et lui fait un beau sermon
Pour l’exhorter à la patience.
Si le ciel t’eut, dit-il donné par excellence
Autant de pertinence que d’intelligence
Tu n’aurais pas à la légère,
Répondu à mon mail. Or, adieu, j’en ai fini.
Tâche d’en tirer une leçon, et pleure sur ton sort :
Car pour moi, j’ai certaine affaire
Qui ne me permet pas de pleurer sur ta perte.
A la lecture d’un scam il faut considérer la fin.

Fable librement inspirée de :”Le Renard et le Bouc” de Jean de la Fontaine.

Note: 3.25 sur 5
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8 Réponses pour “Le Nigérien et son Allocutaire”

  1. excellent la fontaine a un concurrent maintenant (a mon avis il s’en fout)
    des mails comme celui citer il en arrive des dizaines et il faut vraiment être un bouc pour y répondre et qui plus est de tomber dans le panneau.

  2. Arlette, for your eyes only – j’espère que vous aimerez:

    D’un ordi qui prêtait aux attaques aisées
    Un Nigérian un beau matin
    S empara: c’était un gros malin
    Le Mestre étant absent, ce fut menu fretin
    Et il porta chez lui ses offres en un jour
    Que le Mestre était faire à cinq heures sa cour
    Parmi le musc et les baisers.
    Après qu’il eut brouté, monté, fait mille tours
    Le webmaster renonce aux souterrains séjours.
    Le mail du Nigérian, était dans la fenêtre
    Qu’affiche Microsoft, pour que l’on puisse y paître.
    Par Saint Google, mon Dieu, que vois-je ici paraître ?
    Dit l’animal traqué dans ses octets intimes
    O là, vilain spammer , tire – toi vite vite
    De ma RAM, de mon disque, sous peine que j’intime
    Les démons FAI de boycotter ton site.
    L’internaute lointain répondit que la toile
    En elle-même n’avait de sens
    Et proposa de lever le voile
    Sur les petits profits que l’on tire d’Adsense.
    Je voudrais bien savoir, dit-il, quelle est la loi
    Applicable en vos lieux, enfin, ne vous déplaise,
    Comprendre le pourquoi, comme un bon Saint Eloi
    Qui fait que l’on vous trait comme vache landaise
    Et remettre à l’endroit, quand tout va de travers
    Vos bilans, vos emprunts, et vos comptes bancaires.
    Le Master allégua la coutume et l’usage
    Ce sont les fonctionnaires qui nous imposent ça
    Car ils sont si nombreux, il faut bien qu’ils surnagent
    En nous tondant le dos, rarement en deçà
    De la laine qu’on a. Je suis sur le qui-vive
    Chaque fois que je croise mon voisin de pallier
    Je crains qu’il me dénonce à Arlette Laguiller.
    Ce que vous proposez, c’est en tout point légal ?
    Or bien, sans crier au scandale
    Rapportons-nous dit l’Africain
    A l’arbitrage incontournable
    D’un fiscaliste incontestable
    Il s’agit d’un de mes copains.
    C’était un avocat, un air de maquignon
    Décoré, gros et gras
    Un immense bureau avenue Matignon
    Dès l’entrée, il tendit les bras :
    Mes enfants, approchez, et signez-moi un chèque
    Je suis vieux, je suis mou, il me faut du Viagra
    J’entretiens à grands frais une superbe tchèque,
    C’est une vraie salope, et c’est un Tanagra.
    L’un et l’autre approcha, ne craignant nulle chose
    Signèrent chèque pareillement
    Titre de provision, quand même un gros montant.
    Mais quand on veut gagner, il faut mettre la dose.

    Hélas, chèque encaissé, l’avocat maquignon
    S’empressa aussitôt d’avertir Matignon
    Il est dit-il des gens qui enfreignent la règle
    Je vous livre deux noms, faites que l’on me règle.

  3. Bonjour Michel,

    Non seulement j’adore, mais je trouve que cela aurait mérité un billet à lui tout seul.

    Il faut contacter Chris, et continuer sur cette lancée. ;) .

    Félicitations. J’applaudis à deux mains.

  4. Bonsoir Arlette,
    Vous êtes ma meilleure fan,et à parler franc, j’aime bien aussi ce que vous écrivez.
    Il ne faut pas trop se disperser: pas de thèmes supplémentaires de mon côté. Par contre, à vos “fables” je serai ravi de contribuer selon l’humeur du moment. On peut s’amuser à pasticher tout un tas de gens, poàtes, écrivains, philosophes. Une seule règle(hormi celles qu’impose le pastiche): parler du web. On joue?

  5. @Michel : Vous avez parler aux femmes vous : :)

    On joue ! Contactez moi par mail (il est sur mon site) et on en discute en privé ;)

  6. Elsa à l’ordi, d’après Elsa au miroir – Aragon 1945
    Aragon détourné au profit de notre tragédie financière

    C’était au beau milieu de notre tragédie
    Et pendant un long jour assise à son clavier
    Elle cherchait des prospects. Et moi je l’épiais
    Je croyais voir ses mains allumer un brasier
    C’était au beau milieu de notre tragédie.

    Et pendant un long jour assise à son clavier
    Elle cherchait la toison d’or, et j’aurais dit
    C’était au beau milieu de notre tragédie
    Qu’elle cherchait en vain du client sans y croire
    Pendant tout se long jour assise à son clavier.

    Elle se mit à questionner Access, j’aurais dit
    Qu’elle martyrisait sans effet sa mémoire
    Pendant tout ce long jour, assise sans y croire
    A ranimer un peu nos prospects à la vie
    Sans dire que c’était une question de survie

    Elle martyrisait à plaisir la mémoire,
    Le RAM, que sais-je encore de notre pauvre ordi
    C’était au beau milieu de notre tragédie
    La bourse ressemblait à ce jeudi maudit
    Sa souris parcourrait les fichiers sans espoir

    C’était au beau milieu de notre tragédie
    Chaque jour de semaine on pense à ce jeudi
    Et un à un mourraient, un presque chaque soir
    Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits
    Ils sont dans la Tribune, et font mon désespoir.

    Un à un les acteurs de notre tragédie
    Qui furent les meilleurs en d’autres temps bénis

    Et vous savez leurs noms sans que je les aie dits
    Et ce que signifient leurs bilans dépotoirs

    Et ses mains au clavier, quand elle vient s’asseoir
    Et chercher sans rien dire un prospect illusoire.

    A la vérité, Arlette, je n(ai toujours pas découvert votre email

  7. J’en ai un autre pour vous. Depuis le temps qu’on ne s”est pas parlé…

    La légende de X.com d’après la Légende de la nonne – V. Hugo – Musique de G. Brassens

    Venez gonfler vos escarcelles
    Entendez une histoire encor
    Encaissez toutes les gabelles
    Et remplissez vos poches d’or
    C’est une légende où s’amassent
    Le vrai, le faux, le maquillé
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers.

    Il est des sites d’escapade,
    Il y en a des pros aussi
    Qui pour la moindre dérapade
    A Google demandent merci
    Il en est même qui amassent
    Parfois de tristes sottisiers
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    Ce n’est pas sur ce ton frivole
    Qu’il faut parler d’ X point com
    Car même si la nuit il vole
    Seriez surpris si j’disais comme
    Ce minuscule site entasse
    Du blé à péter les chéquiers
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    X a débuté à Tolède
    Au grand mépris de gens du lieu
    Comme si quand on est point raide
    On n’avait droit de bander vieux
    Peut s’en fallut qu’ manifestassent
    La commère et le marguiller
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    X. point com frais affiché
    Le lucre en son cœur s’installa
    Et le site s’est entiché
    De fillettes sans falbalas
    Quelques fois les véreux surpassent
    En audace, gens du métier
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    C’était très laid, mais pas austère,
    Le contenu était payant
    Car l’amour a bien des mystères
    Chez les michés du tout venant
    On voit des pères qui dépassent
    Leur budget, pour un imagier
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    X point Com dit la dépêche
    En Hollande s’était basé
    Et dans ce grand pays de pêche
    C’est de la morue qu’il vendait
    A l’heure ou les mâles se tassent
    Devant leurs écrans par milliers
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    Avec SE O s’est entendu
    Pour tenter de s’référencer
    Au lieu des SERP tant attendues
    C’est le bannissement complet
    G voulut que ses coups frappassent
    Ripoux par intérêt liés
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

    Cette histoire qui vous dévisse
    Saint Google, notre Dieu voulut
    Qu’afin de préserver du vice
    Les sites qui font leur salut
    Les masters la racontassent
    Dans tous les forums réguliers
    Mais voici Googlebot qui passe
    Retournez vite à vos claviers

  8. [...] ou je passe pas mal de temps, a publié une petite fable sur Moteurzine intitulée “Le nigérien et son Allocutaire“. Bien écrite, je vous en parle aujourd’hui parce qu’elle parle bien évidemment [...]

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