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Google survivra-t-il au vieillissement de ses employés

Depuis 10 ans, Google tisse son empire mondial grâce notamment à la disponibilité de ses dizaines de milliers d’employés, jeunes et passionnés pour la plupart au point de vivre quasiment à travers leur entreprise. Mais qu’en sera-t-il lorsque tous ces googlers auront vieilli et que leurs centres d’intérêts ne seront plus exclusivement tournés vers Google ?

Aujourd’hui encore, Google est une entreprise « jeune ». Jeune parce qu’elle n’a que 10 ou 11 ans d’ancienneté (ce qui reste malgré tout vénérable dans la cyber-économie) et jeune aussi parce que la majorité de son personnel a entre 20 et 35 ans. Mieux encore, ces « jeunes » ont été sélectionnés en fonction de leur capacité à adopter la « Googlitude », entendez par là la politique maison de Google. Une majorité des employés de Google n’a pas connu autre chose que l’Université avant de travailler pour le numéro un de la recherche sur Internet. Et leur profil les rend d’autant plus réceptif aux attentes de Google que celui-ci leur offre en retour tout ce qu’ils attendent de la vie… pour la plupart en tout cas.

Lorsqu’ils ont créé Google, Sergey Brin et Larry Page étaient encore étudiants, avec tout ce que ça implique de contre-culture estudiantine made in USA : roller, pizza au petit dejeuner, refus des conventions sociales, humour potache… et surtout informatique tout le temps, partout, pour tout. De vraies caricatures à défaut d’être des archétypes, et c’est Marissa Mayer (leur vice-présidente) qui le dit, elle qui les a connus à cette époque. Et même s’ils ont fini par évoluer pour devenir des businessmen, le recrutement reste néanmoins axé sur les valeurs qui les ont menés au succés : une certaine liberté dans le travail, la capacité de s’investir pleinement, l’implication personnelle au détriment de la vie privée, une mentalité de hacker, etc. En gros le travail c’est fun, le travail c’est la vie, le travail c’est le bonheur.

Quand on interroge les googlers, leur entreprise pare à tous leurs besoins : nourriture gratuite, sport gratuit, gadgets gratuits, des amis dès l’arrivée dans la boite (un « pote » est même assigné à tout nouvel arrivant pour guider ses premiers pas), des loisirs, des jeux… En somme, le rêve de tout jeune adulte qui cherche à gagner sa vie sans perdre la relative insouciance de l’adolescence.

Pourtant, tout le monde évolue. En vieillissant, on aspire à fonder une famille, à avoir davantage de temps à soi (et pas seulement 20% du temps de travail pour ses projets personnels), on doit aussi composer avec les nécessités d’une vie sociale épanouie, répondre aux attentes de son(sa) conjoint(e), en somme vivre le monde autrement qu’à travers son écran d’ordinateur. Et pour Google, il pourrait bien s’agir du défi ultime.

En effet, qu’en sera-t-il de la disponibilité totale et de l’ébullition intellectuelle permanente quand ces mêmes googlers devront quittre le bureau à 17h pour chercher leurs enfants à l’école ?

Alors certains songent déjà à des solutions possibles. Mais on navigue encore entre utopie et dérive dangereuse.

Faut-il envisager de remplacer les « vieux » par des plus jeunes ? En permettant par exemple aux « anciens » de se consacrer davantage à des tâches de coaching, de consulting, d’authoring et tout un tas d’autres activités en « -ing » qui masqueront surtout une mise au placard pure et simple.

Ou alors, faudra-t-il intégrer dans les conditions d’embauche de Google des conditions de célibat ? Comme pour les mannequins. Pourrait-on ainsi interdire la reproduction des googlers ? Evidemment non, du moins pas dans notre société actuelle. Mais avec la place de plus en plus importante que prend l’entreprise dans tous les aspects de la vie en général, son emprise croissante sur le monde économique, social, culturel et bientôt pourquoi pas politique ou éthique, qui peut prédire de quoi sera fait demain ?

Enfin, pourquoi ne pas créer de véritables Google-cities avec des crèches, des écoles, des magasins et des logements intégrés ? Histoire de prolonger l’interconnexion entre la vie privée et la vie professionnelle des googlers au-delà de toute limite d’âge ou de toute aspiration personnelle. Une version à la fois rajeunie et terriblement réaliste (réalisable ?) du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley.

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  1. Une belle et terrible image de ce qui ressemble à un mode idyllique…

    Je dois avouer qu’a l’heur actuel je serais heureux de faire partie d’une tel aventure, mais qu’en sera t il dans dix ans…

    Bravo pour cet reflexion

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  2. J’attends avec impatience la première photo d’une maison de retraite Google. Fauteuils roulants logotés, loto en ligne, etc.

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  3. bonjour à tous,
    Quel monde merveilleux que celui de Google ^^…
    Ou tout le monde surveille tout le monde.Ca me rappelle une certaine enseigne reconnue dans le monde du hard discount.Je trouve que les méthodes de travail de ces deux employeurs sont du conditionnement cérébral! :?

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  4. Salut !
    Bruno, tu as regardé l’emission sur arte l’autre soir. ;)
    Elle etait trés bien.
    Parfaite pour comprendre ce qui se passe a l’interieur du « monstre »…
    Effectivement, google risque d’avoir un petit soucis lorsque la moyenne d’age va grimpée dans ses rangs et que la plupart de ses petits sbires s’appeleront « papa ». La productivité va, elle, certainement chuter.
    Mais bon, a ce que j’ai compris, les « vieux » googlers partent plutot d’eux même, quand ils se rendent compte qu’ils ne peuvent plus suivre le rythme et que leur vie de famille commence vraiment.

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  5. @Jérôme : en fait, il se trouve que j’avais vu ce reportage il y a un an je crois, et ce billet me trottait dans la tête depuis une dizaine de jours déjà, à cause d’un blog que j’avais lu sur lequel un ancien googler racontait les bons et surtout les mauvais côtés de « la vie chez Google, selon Google et pour Google ».
    La coïncidence a voulu que justement le reportage dont tu parles repasse à la télé la semaine dernière. Toutefois je pense que certaines choses ont évolué depuis, et pas forcément en bien…

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  6. « pas forcément en bien »

    Je plussoie. ;)

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  7. Bonsoir, puisque à Google ils sont sélectionnés selon certains critères, les employés ont une éthique et une philosophie qui les amèneront d’office à faire le choix de partir, sans qu’on leurs suggère. C’est cette philosophie de vie qui détermine qui se sentira de partir ou de rester. Je pense que les dirigeants ne songent même pas, à ce faux problème de vieillissement. La sélection se fera d’elle-même. Tant qu’on reste passionné, l’age ne se sent pas. Des qu’on se sent vieillir, la joie s’en va et la passion avec.
    A la personne qui se préoccupe de mes fautes d’orthographes, merci. Je dormirai plus instruite. ;)

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  8. Bonjour,
    c’est curieux mais cela me fait plus penser à un retour en arrière qu’à une nouveauté. N’auriez-vous jamais entendu parler des entreprises familiales et paternalistes ?
    Je suis Auvergnate et il n’y a pas si longtemps, beaucoup de Clermontois naissaient Michelin, allaient à l’école Michelin, vivaient dans la cité Michelin, se faisaient soigner à l’hôpital Michelin et bien sur travaillaient dans une des usines du même nom.
    Tout cela n’existe plus maintenant mais à l’époque cette situation était considérée comme privilégiée et tous ces « à côté » comme des avantages sociaux.
    Alors « autre temps, autres moeurs » ou révélateur d’une tendance de l’être humain à fustiger un modèle pour mieux y revenir quelques générations plus tard ?
    Et au-delà de ça, à chacun de décider d’adhérer à ce modèle ou de le fuir. Comme le dit Carla Caso, la sélection se fera d’elle-même.

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  9. Bonjour,
    Excellent article avec certains passages qui font peur « En gros le travail c’est fun, le travail c’est la vie, le travail c’est le bonheur. »
    Personnellement, je pense que la mentalité des créateurs de Google a nettement évoluée (voir radicalement changée) et que Google est tout simplement devenu une entreprise comme les autres avec un seul objectif …plus de croissance, plus de profit, plus de puissance.
    Le jour ou les employés vieillissant ne correspondront plus aux critères et ne manifesteront plus le même esprit de sacrifice inutile de penser que Google adaptera son mode de travail à l’âge de ses employés. Google survivra à ses employés et les ex-googlers auront cette fois un « pote » pour les guider gentiment vers la porte de sortie. Google a sans doute participé à la transformation du Web mais ne transformera sans doute pas le monde.
    Pierre – Horizon du Vietnam

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