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HADOPI : à qui profite le crime ?
En tant qu’auteur (à mon très humble niveau) je suis bien évidemment opposé au piratage des oeuvres culturelles. A condition qu’on soit d’accord sur la définition de « piratage ». Et aussi de culture. Pas sûr qu’on parle vraiment de ça, avec la loi dite HADOPI.
En tant que citoyen, j’ai du mal à me faire à l’idée que, dans un monde moderne axé sur la communication globale et la mondialisation, on en soit encore au stade de pondre une loi mal fichue pour prétendre éradiquer un problème qu’un simple ajustement commercial aurait pu résoudre.
En tant qu’internaute averti, cette mesure me fait doucement sourire tandis que je songe à tout ce qui la sépare de la réalité du Net, pauvre petite loi désuète qui voulait marquer l’histoire de son empreinte purificatrice… et qui va finalement se retrouver aussi seule et inefficace qu’un radar automatique au fond d’une impasse.
En tant que consommateur enfin, je pressens que l’objectif est de me faire payer quelque chose au final, probablement à ceux qui auront su habilement jouer sur les deux tableaux : affichant une solidarité de façade avec les tenants du téléchargement libre, et signant plus discrètement des accords pour récolter les fruits d’une nouvelle orientation du marché qui ne dit pas son nom.
Mais reprenons dans l’ordre.
Le piratage est un fléau, je suis le premier à le réprouver et à considérer que nul ne devrait voir son travail pillé ou détourné par autrui. Le souci c’est que la loi dite HADOPI (du nom de la haute autorité censée appliquer les nouvelles directives en matière de lutte contre le piratage) ne s’intéresse finalement qu’à la protection des intérêts des fabriquants de culture en boite, les « majors » de musique vendue au kilo et autres studios pourvoyeurs d’images à la louche. Comme si la culture (et sa protection) se limitait à la production musicale et cinématographique. Mais bon, passons…
Edicter une loi qui prétendrait régir un marché comme celui de la diffusion des oeuvres numériques, c’est un peu comme essayer de nettoyer un fleuve en plongeant une passoire dans le courant. C’est tout simplement ridicule. Politiquement, c’est un retour à des valeurs révolues depuis au moins trente ans. Techniquement, ça revient à nier l’évolution constante du web qui a déjà dépassé le stade technologique sur lequel la loi s’est cristallisée. Il n’y a pas d’instant présent sur le Net ; il n’y a qu’un avenir en marche constante. Se fixer sur un état des lieux à un instant « t », c’est assurément se faire distancer par le progrès.
Ceci dit, s’il est prévisible que cette loi n’aura aucun effet dans la réalité, il est en revanche évident qu’elle va permettre à certains acteurs du Web de générer quelques profits substantiels. A commencer par les FAI, lesquels ont été contraints de conserver un certain nombre de données sur leurs abonnés. Ce qui engendre évidemment de nombreux coûts que l’Etat n’avait pas prévu de compenser. Qu’à cela ne tienne, les opérateurs ont accepté de mettre la main à la poche (pour payer par exemple les serveurs chargés de conserver les téraoctets de données sur nos pérégrinations en ligne), à condition toutefois de pouvoir exploiter commercialement lesdites données. En gros, ce qu’on leur refusait depuis des lustres, la loi vient tout bonnement de le leur apporter sur un plateau, histoire d’avoir leur collaboration pleine et entière.
Autre source prochaine de profit pour les opérateurs, l’abonnement spécial « téléchargement illimité ». A l’instar de Neuf Telecom qui propose déjà un abonnement mensuel de 5 euros pour avoir le droit d’écouter de la musique sans contrainte (en streaming, ou diffusion continue), on peut tout à fait prévoir de nouvelles offres qui nous permettront de choisir et de visionner autant de DVD qu’on souhaitera… contre un forfait mensuel qui s’ajoutera bien évidemment à notre abonnement internet classique. De telles offres de streaming payant sont d’ailleurs déjà à l’étude ici ou là. L’été sera chaud.
N’oublions pas enfin ceux qui offrent déjà des accès anonymes (et payants !) à des plateformes de téléchargement illimité, via des serveurs situés à l’étranger, et qui vont voir leur chiffre d’affaires grimper en flèche grâce aux velléités législatrices d’un Etat qui manque de conseillers efficaces en matière d’économie numérique.
Néanmoins, il restera toujours la possibilité à ceux qui le souhaitent de continuer à consommer de la musique ou du cinéma en ligne sans débourser un centime. Qu’il s’agisse de sites en streaming audio ou vidéo, comme Deezer ou Allostreaming, de réseaux « F2F » (comprenez « Friend To Friend ») totalement privés dans lesquels on s’invite nominativement et à travers lesquels on s’échange de manière totalement étanche toutes sortes de documents (y compris vidéos ou musicaux), ou encore de téléchargement par lien direct sur des serveurs situés bien sûr en dehors de la législation Française, la transmission libre de films ou de musique entre les internautes a encore de beaux jours devant elle.
D’autant plus que la loi HADOPI ne devrait pas être opérationnelle avant 2011, et devant l’énormité de la tâche qui attend cette Haute Autorité, on peut compter sur de nombreux prestataires pour venir alors proposer leurs services afin d’aider à l’envoi de dizaines de milliers d’emails par jour, collecter des données de plus en plus précises sur ces chers internautes (sous couvert de sécurité électronique of course) et surtout adapter leurs autres offres commerciales en fonction du ciblage comportemental que toute cette manne numérique leur aura permis d’opérer. Bref, encore pas mal de profits en perspective grâce à cette loi. Chouette, non ?!
Pour compléter votre lecture :
- A l’époque du conte des comptes du comte
- J’ai quelque chose de coincé dans l’étau
- Panda ou pas panda ?
- Marre de Pandi Panda !
- Internet société participative et participation à la société
- Un jeune homme à la mode
- Homme – machine, avantage au poète du binaire « soumis » à la machine
- Panda, pas Panda, et après ?
- Spam
- E-mailing de masse














On pourrait également dire que cette loi signe la fin des accès wifi gratuits… Du tout benef pour les opérateurs de téléphonie mobile qui vont vendre encore un peu plus leurs forfaits 3G à prix d’or. Ah mais suis-je bête, SFR, Orange et Bouygues sont également des FAI!
Il y a aussi l’obligation d’installer un logiciel mouchard payant, labellisé par le gouvernement, sur sa machine pour prouver son innocence. Un joli marché en perspective pour les quelques société qui vont se partager ce marcher avec probablement une futur entente cordiale au niveau des prix…
Quand au peer to peer, il est loin d’être mort: pour 5 euros par mois, des sociétés vous propose déjà de vous connecter de façon cryptée à un serveur à l’étranger, pour que votre IP française ne soit plus visible sur le réseau.
Oui, vraiment, on voit que cette loi a été pondue par des personnes qui maitrise le sujet, et que personne ne la leur a dicté. Qui pourrait croire à ça?
A ceux qui croient toujours que cette loi est pour aider les « artistes », ils se trompent royalement!!
L’ UNIQUE but de cette loi est que chaque abonné à Internet installe le fameux mouchard sur leur ordinateur.
Ne vous leurrez pas, que vous téléchargez ou pas, vous recevrez un avertissement comme quoi on vous a surpris en plein téléchargement, juste pour que vous installiez le mouchard sur votre ordinateur!! Qu’a dit Mme Albanel déjà?? Qu’il y aurait très peu de coupures… Ben oui, ils vont tellement foutre la frousse aux honnètes personnes qui n’ont JAMAIS téléchargé ou qui ne savent même pas utiliser leur ordinateur, que tout le monde va l’installer ce mouchard…
Je vous fait le pari que à cause de ça, on aura encore le droit à 5 ans de plus avec le gouvernement actuel et tous les 5 ans on les aura jusqu’à ce qu’il y ait un coup d’état pour les virer…
Si c’est ça réduire la fracture numérique…
Rendez-vous en 2012 ainsi qu’en 2017 et en 2023!!
Mais bon, d’ici là me serais barré ailleurs qu’en France. En Chine peut-être??
ps: bientôt on aura une taxe sur les abonnements Internet pour engraisser plus les maisons de disques mais toujours sans avoir le droit de télécharger en contre-partie…
Il serait si, trop, simple d’employer les lois qui protègent les auteurs « dans le réel » sur Internet ?
A trop légiférer on multiplie les effets pervers de chaque loi. Ceci dit il y a une réelle demande de lois et de réglements pour tout et pour rien ; le citoyen se sent protégé alors qu’il devra demander l’aide d’un professionnel pour le guider dans les arcanes insondables de lois qui se croisent et s’entrechoquent pour le plus grand « plaisir », au plus grands intérêts, de lobbies…
Et si je concluais sur une réalité commune à la majorité des PC et nos législations diverses et variées ?
On reproche aux divers systèmes d’exploitation produits par Microsoft d’être par trop basés sur un noyau qui date des 90′ sans sourciller que nos lois sont tout aussi basées sur un noyau napoléonien (1804).
J’auto-censure la dernière ligne de ces quelques considérations ultra-personnelles !
Effectivement la loi HADOPI n’est pas passé (soi disant) mais il reviens par la petite porte avec la loi LOPPSI > voir ce lien http://www.loppsi.fr
Donc c’est encore pire, car c’est d’ouvrir la boîte au pandore > comme pour les prélèvements d’ADN en 1996 qui ont été prévus que pour les délinquants sexuels …..
A vous dire si j’ai raison
Je ne vois pas où est le problème ici :
« Autre source prochaine de profit pour les opérateurs, l’abonnement spécial “téléchargement illimité”. A l’instar de Neuf Telecom qui propose déjà un abonnement mensuel de 5 euros pour avoir le droit d’écouter de la musique sans contrainte (en streaming, ou diffusion continue), on peut tout à fait prévoir de nouvelles offres qui nous permettront de choisir et de visionner autant de DVD qu’on souhaitera… contre un forfait mensuel qui s’ajoutera bien évidemment à notre abonnement internet classique. De telles offres de streaming payant sont d’ailleurs déjà à l’étude ici ou là. L’été sera chaud. »
Ceci est tout à fait normal, et les fournisseurs de telles offres paieront pour avoir aux catalogues…
La meilleure solution : une grosse réforme du droit d’auteur et des droits voisins, c’est n’importe quoi, surtout la durée.
Bonjour,
Je suis modestement un moteurzineur de la première heure!
Je souhaite dépasser le débat tout en étant en complet accord avec ce qui est exprimé sur cette question, car même avant de commencer à envisager de mener une quelconque réaction et action, les politiques qui nous gouvernent et les « décideurs » « législateurs » et autres « spécialistes » de la question ont tout faux d’emblée !!
La parade « imparable » au téléchargement existe déjà depuis un moment!
Les initiés, et les autres suivront plus tard, ne téléchargent plus depuis un moment, ils ne sont pas fous, c’est la prime a ceux qui se donnent la peine de se renseigner et se poser la question de l’évolution technologique permanente, et donc pour eux aucune sanction ne peut être appliquée ni a présent ni à l’avenir !
Juste un exemple, mais il y en a d’autres: Un de mes voisin vient d’acheter sur E-bay un iPod d’occasion de 120GO de capacité et « divine surprise » il y avait dedans justement 120GO de CD audio copiés. Une « transaction » préparée d’avance, et en plus sur un format (FLAC) non compressé…tant qu’à faire soyons initiés jusqu’au bout ! Nous pourrions parler aussi de disques durs NAS privés et utilisés par réseau interposé, bourrés de fichiers copiés!
Les auteurs et interprétes qui sont spoliés de leurs droits par des éditeurs « gourmands », certains diraient « escrocs » et que ces mêmes éditeurs se permettent de brader à l’export des CD audio, que l’amateur de musique peut acheter en toute légalité sur des sites à l’étranger à savoir qu’un même CD audio récent peut être acquis pour 6.95 euros !
En France chez des distributeurs, qui pour pas les nommer, FNAC et Virgin, pour les plus connus, ces mêmes CD audio sont vendus 19/23 euros !!
C’est ces mêmes éditeurs qui vont taper à la porte des politiques pour qu’on légifère et sanctionne l’amateur de musique ou vidéo qui télécharge !!
On ne peut pas impunément continuer à berner le consommateur qui n’est plus un imbécile gobeur de publicité, surtout si une large tranche de ce public à un faible pouvoir d’achat ! Ne parlons pas que souvent là très mauvaise qualité artistique qui ce trouve et qui est téléchargé sur le net n’est tout simplement téléchargé et écouté qu’une fois, et jeté à la poubelle ensuite comme un emballage MacDo. Quelle que soit l’œuvre artistique, si elle est véritablement bonne et universelle, elle finira par se vendre légalement !
Je ne suis pas le premier à dénoncer ce fait ! Quand est-ce qu’on cessera cette hypocrisie !
La ministre de la culture aurait pu combattre le feu par le feu en proposant des mediatheques nationales en lignes. Maintenant, avec Hadopi, je me pose la question si les mediatheques de nos villes ne seraient pas devenues subitement illegales?
Et simplement les bibliothèques ?
voici une petit vidéo sur se qui nous attend avec la loi, c’est un reportage d’anticipation
http://www.youtube.com/watch?v=Jgjuv7q31-E