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Le Cimetière de la toile
Le Cimetière de la toile, d’après « le Cimetière marin » de Paul Valéry.
Tentative sur les décasyllabes les plus hermétiques et les plus célèbres de Paul Valéry. Un monument du web, inachevé par manque de temps et d’engouement.
Toile agitée où volent les faisans
Mots clé qui palpitent, enchère au plus disant
Google le juste y impose ses lois
L’amer, l’amer toujours recommencé
O récompense comme on est encensé
Quand un mot est cliqué plus d’une fois.
Dans pur labeur jeunesse se consume
Tonnes de diamants, je les vois, les hume
Belle retraite dans trente ans, un espoir
Quand sur l’abîme un fisc noir nous impose
Parcours du combattant : demande pause
Le but scintille : aurai-je le pouvoir ?
Instable trésor, grâces à Google
Masse de revenus. Faut-il que je gueule
Pour attirer l’attention, qu’il ait l’oeil
Sur les fautes de mes nombreux concurrents
Pour mon projet Adsense, le Dieu G veuille
Nourrir mon compte de bénefs récurrents.
Temple du web qu’un seul soupir résume
Trente mille visites jour. Je m’accoutume
A ce constat. Je jette avec dédain
L’œil tourné vers G, offrande suprême
Sur mes compétiteurs, tant ils essaiment
De mon altitude, mépris souverain
Bien, bien, bien : le poème du maître cube 24 strophes, et lui n’avait que ça à faire. Moi, j’ai d’autres vies parallèles. Si vous désirez vraiment connaître la suite, un petit mot…
Le texte original est sur http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Valery.CimetiereMarin.html
Pour compléter votre lecture :
- El Desdichado – le retour
- Hommage à MC de G
- Balade pour prier Google
- Elsa à l’ordi
- Allégeance à G
- Le plat PR
- Le dormeur du Web
- Pourquoi Alexa me boude-t-elle?
- Avec le web
- LA LEGENDE DE X . com – d’après la Légende de la nonne – V. Hugo
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ha oui …….!!!!!! enfin un peu d’esprit dans ce monde de scrute ! et malgré la virtualité ambiante, j’en voudrais bien voir encore . Au fait, m’adresserais-je à maître G en personne ?…. et y a-t-il une inconscience collective à opposer le grand G au petit jet ? Quoi qu’il en soit, le monde en donne, de l’illusion … Merci pour ce travail et ce sous-rire.
cyli
Merci – en général un pasticheur se fait accuser de plagiat – notre métier est difficile. Commentaire fin, jeu avec les mots et la ponctuation qui me donne envie de pasticher Roland Barthes à la prochaine occasion.
Mais lâchez – moi les baskets avec Valéry. Besoin de me balader ailleurs. Trop engoncé pour moi, le bonhomme (voir photo).
Le monde de Google est souvent amer même si le positionnement n’est jamais aussi bon que sur un amer.
Dans mon monde idéal, rien ne vaut une bonne droite pour confirmer un point (Moitessier), dans le monde de Google rien ne vaut une bonne droite pour confirmer un poing.
En fait, je connais très peu la voile et encore moins la boxe. Mais l’amertume…
Je sais que les suisses sont de grands marins et qu’il remportent régulièrement la coupe de l’America. Par contre pour la boxe, je n’étais pas au courant. J’en suis resté à Marcel Cerdan.
Quant à Google, je m’interroge sur les géodésiques que me conduiraient au sommet dans un espace qu’il a courbé par sa propre masse (une idée que j’ai piquée à Albert).
Le problème avec Google est que, non content de courber l’espace par sa propre masse, il a perverti l’esprit d’un trait d’Albert : si les faits ne correspondent pas à la théorie, changez les faits.
Il ne change pas les faits, il les bidouille…
Trinquons donc au Fernet Branca par goût de l’amertume (personnellement j’adore ce truc tellement italien) et qui aura l’avantage de nous dénouer l’estomac dans l’attente que la théorie d’Einstein se démontre une fois de plus : que la masse dépassant le seuil critique s’effondre en un misérable trou noir au fin fond de l’espace
Et c’est reparti. De la pub pour des boissons alcoolisées sur un site Adsense.
Quoique le Fernet Branca ait plutôt un goût de médicament et soit souvent prescrit par la Faculté pour soigner les troubles digestifs.
Le thème « vie et mort des étoiles » est intéressant, mais pour l’instant, il m’est assez lointain. A star is not born: mon site.
@MichelBesson
« Mais lâchez – moi les baskets avec Valéry. Besoin de me balader ailleurs. Trop engoncé pour moi, le bonhomme (voir photo). »
difficile de se balader ailleurs quand on connaît bien Valéry
ce sont les Surréalistes et les post-rimbaldiens (toujours au pouvoir intello-poétique en 2010) qui ont lancé et entretenu l’idée d’un Valéry froid rigoureux coincé
Heureusement la bio publiée par Jarrety l’an dernier renverse la doxa
Bon et bien on va lire Jarrety. Mais j’ignorait qu’il y eût un pouvoir intello-poétique. Intello, je savais, mais poétique, non. J’en étais resté à la vision simpliste de Prévert, Laforgue, Brassens, et bien sûr Rimbaud. Le poète un peu anar.
Cette référence à Rimbaud me rappelle l’un des leitmotiv d’un récent bouquin d’Umberto Eco, et dont j’ai effacé le titre de mes neurones tant il m’a ennuyé, sur le thème « quand vous ne savez plus quoi écrire d’original, déchirez vos derniers manuscrits et allez vendre des fusils au Yemen ». C’était la seule chose amusante, je crois.
A part ça, le Valéry de soixante ans, il n’arrive pas à la hauteur du talon du Rimbaud de dix-sept ans, vrai ou pas vrai? C’est sûr qu’ils sont un peu difficiles à comparer. Pas la même thématique, mais les images poétiques éclatent dans chaque vers de Rimbaud, et apparaissent comme laborieusement conçues chez Valéry, Mallarmé et consorts.
Basta des intellos. Qu’ils aillent vendre des fusils au Yémen…
@ Michel
Yeah Man : Hit !