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Enfin te le dire, dans la langue de Shakespeare
Mes maîtresses d’école, et plus tard mes professeurs, ont sué sang et eau pour m’apprendre la langue de Molière. Dont je croyais benoîtement jusqu’à ces jours derniers qu’elle était véhiculaire, dans notre pays et dans quelques régions limitrophes (salut Alain, salut Albert).
Je prospectais mes clients potentiels en leur écrivant des courriels dans un français sans tâche et respectueux des codes que l’on m’avait enseignés.
« Cher Monsieur,
Suite à notre entretien téléphonique du… bla bla bla…
Je vous prie d’agréer, cher Monsieur, l’expression etc…
Michel Besson »
Personne visiblement ne comprenait ma prose, et nul ne répondait à mes avances.
Depuis une semaine, j’ai changé de tactique, voire de langue. J’ai eu l’intuition qu’il fallait en mêler deux, à l’exclusion du français voltairien.
« Hi man,
On est un web portal qui te shoote des leads. On est pas mal optimized sur Google,
Not a real big thing so far, mais la mayo commence à prendre. File un coup d’œil à Webalyzer, c’est le vrai proof test.
On peut te facturer en dollars si c’est plus cool pour toi. Si T accro, balance-moi un mail, mon phone est constamment busy.- and for no buzz most of the time. LOL.
A+
Mike»
Et ça marche.
Surtout n’allez pas le raconter à la prof de français – latin qui m’a supporté de le 4ème à la 2nde et que j’adorais. Elle doit avoir quatre vingts ans maintenant et la nouvelle pourrait lui être fatale.
Pour compléter votre lecture :
- A l’époque du conte des comptes du comte
- J’ai quelque chose de coincé dans l’étau
- Panda ou pas panda ?
- Marre de Pandi Panda !
- Internet société participative et participation à la société
- Un jeune homme à la mode
- Homme – machine, avantage au poète du binaire « soumis » à la machine
- Panda, pas Panda, et après ?
- Spam
- E-mailing de masse














Je sais que je déteste recevoir ce genre de message. Je ne les lis même pas, hop, directement en spam.
Messieurs les prospecteurs, continuez d’envoyer vos messages en bon français ou en bon anglais, mais pas en mauvais argot.
Merci pour ceux qui vous lisent
Et les amoureux de la langue de Shakespeare n’apprécieraient pas non plus !
Molière comme Shakespeare doivent se retourner dans leur tombe…
Cypher666 : D’accord avec toi, restons Français que diable !!!
la Solution serait peut etre de mettre les deux versions,
l’une pour les sourds et l’autre pour les non comprenants
Dito Cypher666, j’ai beaucoup de mal avec un demarcheur « cool » surtout lors d’un premier echange courriel.
Je parle anglais toute la journee (j’habite Sydney), la derniere chose que je souhaite est de voir un francais ecrit au balai a chiottes.
Merci pour le Post
Indéniable : pour s’extraire de la masse, il faut faire autrement, poser une touche originale ; plutôt que l’indifférence éveiller un sentiment (au déclenchement de la critique, un encensoir au moins s’allumera).
Albert l’a expérimenté, souvent cruellement, le génie n’est accessible, par son essence même, qu’à une minorité…
Merci pour le billet,
Bravo et merci.
Le franglais ne s’impose que par un effet de mode absurde et ridicule.
La francophonie, c’est 400 millions de locuteurs désormais déboussolés car si les francophones ne se défenedent pas aussi bien que les Quebequois, nous aurons bientôt une langue morte.
Voir le site de ST Microelectronique, cet héritier d’un beau fleuron français, qui ne prend même plus la peine (?) de traduire son site en français alors qu’il à 30 % d’actionnaires français!
Chez CGG Veritas, c’est pire: s’il y a 80 français dans la salle et un seul anglophone qui refuse de parler français, tout le monde doit parler anglais!
Personnellement j’efface tous les courriels en anglais,et lorsqu’une offre susceptible de me concerner m’arrive dans dans cette langue, j’exige une traduction française, ne serais- ce que par sécurité juridique!
Je suis ravi que vous défendiez le français comme l’anglais.
Mort aux cons.
Vaste programme, aurait répondu de Gaulle…
De Gaulle, la chienlit ?
@Elyse
J’ai une annecdote pour vous, qui se relie à votre histoire d’anglophone unique qui force 80 francophones à parler l’anglais.
Quand j’ai fait mon service militaire (en fait, ma coopération, ce qui voulait dire affectation dans une ambassade), j’ai rencontré un attaché économique qui avait fait sa coopération bien avant moi, et au Cambodge.
Dans les années de la pré-déliquescence: 70? 72?
A cette époque, les décisions de la banque centrale du Cambodge relevaient d’une commission mixte, composée d’un cambodgien (le président de la banque centrale), il fallait au moins un cambodgien pour sauver les apparences, d’un américain, d’un anglais et d’un français.
Le réprésantant de l’Amérique était le premier conseiller de l’ambassade. 45 ans. L’ambassadeur anglais participait lui même à la commission.
Comme il avait le sentiment d’être un peu floué par une collusion anglophone, l’ambassadeur de France à Phnom Penh avait décidé de nommer un administrateur un peu atypique: mon copain, qui avait 24 ans en ces années là.
Comme presque tous les étudiants français de ces années-là, mon copain était nul en anglais.
Après la première réunion de la Banque Centrale à laquelle il avait assisté, l’ambassadeur le convoque. « Comment ça s’est passé »?
« Pas très bien, Monsieur l’Ambassadeur, les débats se tiennent en anglais, et je dois avouer que j’ai du mal à les suivre ».
« Dois-je vous rappeler, jeune homme, que le français EST la langue diplomatique? A la prochaine réunion de la commission, vous le soulignerez. Et si vous avez un problème, c’est moi qui l’imposerai ».
Et ainsi fut fait. Le jeune homme de 24 ans a obligé pendant deux ans un ampbassadeur du Royaume Uni et un premier conseiller de l’ambassade américaine, qui ne parlaient pas un traître mot de français, à ce que les débats de le commission se déroulent en français.
Il n’y avait que l’admisnistrateur cambogien qui était capable de jouer les interprètes.
Marrant, la diplomatie, non?