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Aux larmes citoyens ! … face aux Worldcompagnies

Non, non, le but de mon article n’est pas de déshonorer la marseillaise, ni de faire un énième article sur les déboires de l’équipe de France et son entraineur, même si je vais y consacrer tout de même quelques phrases… car je trouve finalement qu’il y a une relation entre cette équipe et ce que nous préparent les deux worldcompagnies … (en fait il y en a plusieurs, mais pour ne pas sortir des mes sujets de prédilection je ne citerais que Facebook et Google).

En effet je lisais hier un article concernant la CNIL et ses homologues européens qui auraient écrit à Google pour s’insurger de ce que Google fait des données privées. Des années de retards ! Cela était visible pourtant dès que Google avait lancé son programme Adwords (soit un 2003) … et quid Facebook ? Vont-il s’inquiéter dans 5 ans ?

Ses entreprises ne se moquent certainement pas de nos vielles et lentes institutions, mais quel est le poids de ses institutions face à une Worldcompagnie dont le siège se trouve dans un état dont la loi n’a rien à voir avec notre législation européenne. Au delà de cela, Google affiche clairement ses ambitions … nous voulons structurer toute l’information et pas seulement une partie de celle-ci, selon une interview d’un des fondateurs de Google.

Facebook n’est pas en reste bien évidement.

Mais le problème majeur dans cet affaire ce ne sont pas les Worldcompagnies, mais notre propre façon d’utiliser ses outils.
Lorsque l’on fait une recherche, on ne pense pas une seconde que celle-ci est enregistrée systématiquement. Lorsque l’on est sur Facebook, systématiquement tout est enregistré. Nous le savons … mais cela ne nous empêche pas de faire des recherches, ou d’exprimer une opinion ou une humeur.

La téléphonie ne fait qu’accélérer le phénomène. Prenez votre Iphone … ou votre Android … ne vous cachez pas, on sait que vous l’avez sur vous. Sans doute utilisez vous une application Facebook, ou encore une application qui vous permet de partager avec vos amis votre humeur, votre restaurant préféré à partir de votre téléphone.

Ainsi par exemple on peut facilement savoir qu’AS de Toulouse (un ami à moi) était cette semaine à H. en Allemagne, puis à D. en Irlande où il a bu une excellente Guiness et qu’il déjeune dans un très bon restaurant à NYC sur les recommandations d’un de ses amis.

Vous me direz cela est anodin et que ce ne sont que ses amis qui le savent … oui évidement mais pas seulement. Facebook le sait, les annonceurs de Facebook le savent, puis sans doute aussi Footsquare et bien d’autres petits logiciels que l’on installe sur son Iphone ou Android. Cette information aussi anodine qu’elle puisse paraître est enregistrée et fait le bonheur des auteurs de ses applications très fun … que notre Cnil nationale traquera à partir de 2015 … quand Facebook vaudra bien plus que le budget d’un petit état, si ce n’est pas un grand état et plus d’informations personnelles que nos services secrets pourraient exploiter.

Et quid les Bleus ? A l’heure ou je vous écris tout reste possible. Le pessimiste dirait que les jeux sont faits. En réalité l’un comme l’autre est valable. Il suffit de se prendre en main. De faire un choix.

Tant qu’on n’a pas fait un choix tout reste possible ! Quand on a fait un choix tout devient possible … :)

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Pour compléter votre lecture :


  1. Le point essentiel est bien là: « plus que nos services secrets ne pourraient en exploiter ».

    La masse colossale (et de faible intérêt) des informations recueillies n’est exploitable que dans une optique très particulière: identifier des cibles (vous)et leurs habitudes de consommation. Dans le but (qui me paraît assez illusoire) de mieux orienter les actions publicitaires d’une compagnie Lambda qui achète un droit d’accès au fichier de données.

    Mais les données elle-mêmes sont pratiquement inexploitables, parce qu’incomplètes, voire truquées.

    Qu’est-ce qu’on a à ficher que Marcel Duchmoll ait apprécié un hamburger dans tel restaurant de Greenwich Village s’il ne va à NY qu’une fois tous les 10 ans? Il est critique gastronomique, Marcel?

    Typique Facebook: « Z’avez vu les mecs, je me suis payé une petite virée à la Grosse Pomme – voilà les photos – on y est allés, Martine et moi dans le jet d’un copain, un russe dingue qu’il faut que je vous présente. En fait, il avait envie d’un bon hamburger, notre ami russe. On est rentré à Paris tout de suite après le café (dégueulasse, aux States) ».

    Sur Facebook, tout le monde se la pète. Alors les infos que les annonceurs vont aller piquer là-dedans, merci bonjour…

    Et un jour,les annonceurs se rendront à l’évidence. Trop de pub tue la pub.

    Il y a déjà plus de trente ans que je zappe quand j’entends une pub à la radio. J’envoie bouler les prospecteurs qui me démarchent par téléphone. Quand pub à la télé, je vais pisser. Je n’ai pas d’antispam mais j’utilise l’option « courrier indésirable » d’Outlook.Si j’ai un message publicitaire sur mon téléphone, je raccroche presque immédiatement. Avant cela, je prend note de la société qui me harcèle dans mon domaine le plus privé pour être bien sûr de ne jamais consommer l’un de ses produits par inadvertance.

    Si tout le monde suit cet exemple, et je pense que nous sommes déjà très nombreux et destinés à le devenir davantage, nous assurerons une vie plus tranquille à nos enfants, et si les choses vont vite, a nous-mêmes. Et l’on pourra faire l’économie de la CNIL, qui ne vaut pas pépête.

    je doute qu’il y ait beaucoup de futur dans la commercialisation de données « personnelles ». Sauf peut-être pour les RG, mais ils n’ont pas encore découvert l’ordinateur: ils en sont restés au sytème des fiches, les vertes, le roses, les bleues, et comme presque personne ne sait lire chez eux, ils restent passablement supportables.

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  2. J’aimerai partager ton optimisme Michel.

    A une époque ou l’algorithme propre à détecter le « comportement raisonnable » de l’internaute lambda est breveté, je crains que ta confiance en la créativité du public cible des annonceurs ne soit qu’une merveilleuse utopie. Tu fais partie des gens qui savent et qui réfléchissent, d’une minorité négligeable et négligée par les clients des informations évoquées par Gilbert.

    L’originalité est plus que jamais la seule garante d’un minimum de liberté individuelle. La seule façon de ne pas être saisi et d’être insaisissable et ce sera toujours plus difficile, déjà parfaitement inaccessible pour une très large majorité.

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  3. Michel,

    je suis bien d’accord sur la futilité des informations transitant sur FB ou encore sur d’autres réseaux, et je partage ton avis sur l’unicité des status et des J’aime et J’aime pas.

    Cependant nous sommes qu’une petite minorité… et la pub se joue sur la masse.

    Tiens un exemple … je suis allé quelques jours en tunisie et comme souvent j’ai emporté mon ordi et mon telephone portable… et je me suis connecté la-bas depuis mon hotel. Le jour même certains sites m’affichaient en arabe les merites de Chrome (GChrome) ou encore me proposaient des hotels assez proches de mon hotel.

    Je suis depuis lors de retour en France, et d’autres sites m’affichent toujours les mêmes pubs … j’ai eu le malheur de cliquer sur une pub d’hotel …

    Je sais il suffirait que je vide les cookies etc … mais

    La réalité technique reste cependant la MASSE. 300.000.000 d’utilisateurs ca en fait des données et fatalement des données qui permettent d’analyser statistiquement le comportement et les profils des utilisateurs.

    Je vais reprendre l’exemple que j’ai utilisé lorsque j’ai fondé mon moteur de recherche. A 1.000.000 d’urls le moteur est incomplets. 1 20.000.000 d’urls il montre une image « fidèle du web » (en 2002) et devient « pertinent ».

    De plus avec les petits outils on peut encore affiner sa recherche de profils … comme par exemple ceux qui vont au Macdeau près de Montpellier. Le conccurent qui « a du gout » pourrait très bien cibler ces gens la. Bien evidement les chances que cela interesse ne sont pas forcement importante, mais la aussi les statistiques aident les annonceurs à soit acquerir de la visibilité et paser un message, soit à acquerir carrement des clients potentiels.

    Par les petits outils j’entend par exemple les outils que l’on a « gratuitement » sur son PDA par exemple qui comprennent aujourd’hui souvent des GPS …

    Je ne partage par contre pas ton idée sur les RG … je les trouvais assez efficaces quand j’animais en 1997/98 francepolitique.com …

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  4. Votre histoire évoque deux univers: les grandes masses et les petites quantités.

    Pour ce qui est des grandes masses, imaginez que Pampers se procure l’adresse des 150 millions de couples qui vont procréer dans l’année et qu’il leur écrive une lettre à chacun. Outre que ce type de campagne leur coûtera très cher, il y a de fortes chances pour qu’ils se fassent de l’autoconcurrence. Le papier de la lettre risque fort de servir à torcher le bébé. C’est ce que nous faisons quand nous zappons sur une chaîne de télé ou que nous virons à la poubelle et sans les lire les pubs du supermarché du quartier.

    Pour les petites quantités, j’ai une autre histoire. C’est celle du type qui ouvre un Lethal Burger à Paimpol, et qui veut capter la clientèle de son concurrent, Mac Machin. Il va acheter un fichier de 2 noms au maximum, des dingues qui auront communiqué leurs impressions sur FB, mêmes pas souls parce qu’on ne vend pas d’alcool dans ces endroits-là : « eh les copains, à Paimpol, ils ne font pas mentir la pub, Lethal Burger. Samedi soir, on y est allé avec la belle-doche, et lundi on l’a enterrée. Super… »

    Autant faire cuire un poulet avec une centrale atomique : cher du pilon…

    Je suis désolé pour avoir blessé Gilbert sur les RG. C’était une plaisanterie facile. Mais il y avait quand même une vérité derrière : on ne peut pas traiter de trop grandes quantités d’information. Les RG s’en tiennent à surveiller un nombre limité de clients.

    L’exemple du dépassement de la limite est celui du 11 septembre, où toutes les grandes oreilles de la NSA semblent n’avoir servi à rien, et que le seul rapport manuscrit sensé qui émanait d’un agent du FBI a été fichu à la corbeille par sa hiérarchie. Il s’agissait d’apprentis pilotes qui apprenaient à décoller mais pas à atterrir. N’entre pas dans un schéma prévu: corbeille.

    La surinformation est inexploitable. Et d’autant plus que les données sont dans la plupart des cas fournies par des systèmes binaires cafouilleux. Et encore d’autant plus que nous, à cause de ces systèmes binaires cafouilleux, avons désappris à réfléchir.

    N’’ayez pas trop peur de Big Brother, qui restera pour très longtemps je crois, une création de l’esprit. Je ne suis pas un optimiste indécrottable mais il me semble que les gens ne sont pas idiots : ils pigent plus vite que vous ne le pensez. Et puis ils mûrissent, aussi, parce que l’objet de tout ce trafic c’est essentiellement les jeunes, une cible de peu d’intérêt puisqu’ils n’ont pas de revenus, ou très faibles. Mais ça vieillit un jeune. Regardez-moi. Me croirez vous si je vous dis que je suis un ancien bébé? Courage, Facebook!

    Par contre, il existera toujours des consultants, des spécialistes en techniques floues. Un publicitaire me racontait il y a pas mal d’années que ses clients lui demandaient des études chiffrées, réalisées sur plusieurs milliers de consommateurs potentiels. Ca coûte cher, mais ils ont besoin de protéger leur cul des coups de pied de la direction. Lui, le publicitaire, il prétendait savoir quel produit allait se vendre, quel autre allait passer à la trappe. Mais il réalisait quand même l’étude de marché : il touchait un pourcentage.

    Des marchands d’idées, il y en aura toujours pour vendre à des gens qui ont besoin de se rassurer ou de se protéger quelques formules pétantes dont la plupart sont de peu d’intérêt. . Les consultants en vivent, et doivent en inventer une par jour, de ces idées destinées à mourir, mais dont certaines, souvent dénuées de bon sens, vont prendre racine dans la tête de nos managers pour quelques années. Sur ce terrain-là, les consultants ont totalement enfoncé les philosophes, qui n’éraient capables de produire de nouveaux concepts qu’au rythme de deux à trois par génération.

    Conclusion : ciblage comportemental = no future dans trois ans comme emailing de masse = bullshit aujourd’hui (à ce propos, vous avez remarqué comme le prix des fichiers est à la baisse ? signe des temps, non ?).

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